Deux boulangeries sur trois n'ont pas de site internet

Nous avons relevé 11 621 boulangeries françaises : 7 790 n'ont aucun site, soit 67 %. Voici ce que ce chiffre dit du métier, et ce qu'il change pour celles qui en ont un.

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Nous avons relevé 11 621 boulangeries françaises, commune par commune, en ne comptant que les fiches suffisamment renseignées pour que la question ait un sens. 7 790 n'ont aucun site internet, soit 67 %.

Deux sur trois. C'est le deuxième taux le plus élevé de tous les commerces que nous avons mesurés, juste derrière les salons de coiffure. Les restaurants, eux, sont à 44 %.

Ce n'est pas un jugement. C'est un constat, et il s'explique très bien.

Pourquoi le métier s'en est passé

Une boulangerie vit de proximité et d'habitude. On y entre parce qu'on passe devant, parce qu'on y va depuis dix ans, parce que ça sent bon à sept heures du matin. Aucune de ces raisons ne passe par un écran.

Un restaurant, lui, se choisit à l'avance : on regarde la carte, on compare, on réserve. La différence de 23 points entre les deux métiers vient de là, et elle est logique.

Sauf que trois choses ont changé, et elles ne concernent pas le pain quotidien.

Les trois moments où l'absence coûte

La commande spéciale. Un gâteau d'anniversaire, une pièce montée, un buffet pour un baptême, des viennoiseries pour une réunion de trente personnes. Celui qui cherche ça ne passe pas devant votre vitrine : il tape « pâtisserie sur commande » et le nom de sa ville. S'il ne trouve ni vos formules, ni vos délais, ni un moyen de vous joindre autrement qu'en poussant la porte, il appelle quelqu'un d'autre.

Ce sont les commandes qui rapportent le plus, et ce sont précisément celles qui se décident en ligne.

Le dimanche et les jours fériés. « Boulangerie ouverte dimanche » est l'une des recherches les plus courantes du métier. Si vos horaires ne sont pas clairs et exacts quelque part, vous n'existez pas pour cette recherche, même si vous êtes ouvert et que le voisin ne l'est pas.

Le nouvel arrivant. Quelqu'un emménage dans le quartier. Il ne connaît personne. Il cherche, il compare trois noms, il en choisit un, et il y retourne pendant des années. Cette décision se prend une fois, et elle se prend sur un téléphone.

Ce que le chiffre veut vraiment dire

67 % sans site, ce n'est pas seulement une faiblesse du métier. C'est aussi, et surtout, une place vide.

Dans un quartier où huit boulangeries sur douze n'ont rien, celle qui a un site propre, rapide, avec ses horaires justes et ses spécialités visibles, ne se bat pas contre onze concurrents. Elle se bat contre trois.

C'est exactement l'inverse d'un marché saturé.

Ce qu'il faut y mettre, et rien de plus

Une boulangerie n'a pas besoin d'un site de boulangerie industrielle. Elle a besoin de six choses, sur une seule page :

  • Les horaires, y compris la fermeture hebdomadaire et les congés. C'est ce qu'on vient chercher en premier.
  • L'adresse et l'itinéraire, en un geste depuis un téléphone.
  • Le téléphone, cliquable.
  • Ce que vous faites : vos pains, vos spécialités, ce qui vous distingue de la chaîne au bout de la rue. Trois lignes suffisent.
  • Les commandes : gâteaux, pains spéciaux, réceptions. Ce que vous acceptez, avec quel délai.
  • Des photos de votre vitrine et de vos produits, prises au téléphone. Elles valent mieux que n'importe quelle image de banque.

Pas de boutique en ligne, pas de blog, pas de catalogue. Une page qui répond à ce qu'on vous demande vingt fois par jour au comptoir.

Et la fiche Google, alors ?

Elle est indispensable, et elle est gratuite. Mais elle ne remplace pas un site, pour une raison simple : sur votre fiche, il y a trois boutons, Itinéraire, Appeler et Site Web. Sans site, le troisième n'existe pas.

Celui qui voulait voir vos pièces montées avant d'appeler va les chercher ailleurs. Et Google explique lui-même que plus les informations d'un établissement sont complètes et cohérentes, mieux il ressort dans les résultats de son quartier. Une fiche sans site est une fiche incomplète.

Les deux se renforcent. L'un sans l'autre travaille à moitié.

La méthode de ce relevé

Les 11 621 boulangeries viennent d'OpenStreetMap, relevées département par département. Nous n'avons compté que les fiches portant au moins deux informations sur trois parmi le téléphone, les horaires et le numéro de rue : sans ce filtre, « pas de site » désignerait une fiche incomplète plutôt qu'un commerce sans site.

Une page Facebook ou Instagram n'est pas comptée comme un site : le commerçant n'y maîtrise ni son adresse, ni ce qui s'affiche, ni ce qu'on met à côté. 274 boulangeries sont dans ce cas.

Le détail par département et le jeu de données complet sont dans notre baromètre, réutilisables librement.

Ce qu'il faut retenir

Deux boulangeries sur trois n'ont pas de site, et ce n'est pas grave pour le pain du matin. Ça l'est pour les commandes spéciales, pour le dimanche, et pour les gens qui viennent d'arriver dans le quartier.

Et comme la plupart de vos voisins n'ont rien, la place est prise par celui qui bouge le premier.

Et si votre commerce avait son site ?

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